Un beau carton

05/02/2015 20:01

Ça y est, je l’ai eu mon carton ! Ce matin, sans prévenir, il m’est tombé dessus, comme ça, brutalement… Je vous vois venir : vous vous dites, “il a dû bien le chercher, ça lui pendait au nez, comme ça il va être exclu, et il ne faudra pas beaucoup de temps pour le voir débouler au Sweat avec Le Belge et Camille samedi prochain”.

Eh bien, vous n’y êtes pas du tout ! Je mélange un peu les genres, je l’avoue. En fait il ne s’agit pas d’un carton, mais d’une carte : ma carte d”étudiant CSLI… Ouiiiiiiii, ça y est,  je l’ai ! Bon, j’arrête l’hystérie pubère, car je ne savais même pas que j’en aurais une. Mais, une fois propriétaire de cette carte, je m’aperçois que cela représente quelque chose aux yeux des nombreux étudiants. C’est vrai que l’appartenance à une école est généralement très forte pour tous. Mais là, peut-être davantage, car on a sans doute le sentiment que l’on travaille vraiment pour soi. Les origines sont si diverses que personne ne vient ici à reculons, c’est une grande richesse d’échange et d’écoute. Je n’ai pas encore vu d’élèves collés à la fenêtre, près du radiateur. Au fait, la moitié des salles n’a pas de baie, c’est plus pratique. Outre les “discounts” qu’octroie la carte, elle engage aussi à respecter le règlement et les valeurs enseignés à CSLI. C’est  du bon sens, mais ça fait du bien de le lire et de l’honorer.

 

Sinon, je me bats depuis trois jours avec mon prénom. Les gens me regardent avec curiosité quand je dis que je m’appelle comme le pape ou comme le président de notre pays… Pour mes amis saoudiens, le pape est au mieux un personnage de BD et pour mes Coréens, ils pensent que notre président est Néerlandais. À la réflexion, je n’ai pas dû prendre les bons exemples… Alors j’épelle, et ça donne un «Fankoua» des familles que j’ai finalement adopté. Dans un grand élan d’amour, je leur épargne aussi la cédille. Il y a également un jeune japonais que j’aime bien, il s’appelle Andy et c’est le seul pour l’instant que je comprends correctement, aussi ça facilite les échanges. Ce matin, il a cherché à en savoir plus à propos de mon prénom, genre “pourquoi François de France ?” Je lui ai dit qu’il y avait aussi François de Hollande… Othomans (mon copain saoudien)  qui était tout proche a ri sans être totalement sûr d’avoir capté, mais un peu moins lorsque je lui ai dit qu’il y avait aussi Lawrence d’Arabie…

J’ai lu dans leurs yeux une sorte d’incrédulité qui m’a ramené à la (ma) réalité : je dois être basique dans mon langage, comme dans mes blagues, sinon je vais être boycotté par mes nouveaux potes, sans blague !

À part ça, le bus 41 était vide ce matin. C’est à rien n’y comprendre, les stars de la veille ont dû déménager hier soir à Hollywood pour préparer les Awards. Il restait ce matin des pauvres types comme Alexandro et moi en train de prendre une rincée d’enfer. Ah, oui, je ne vous ai pas dit : il pleut tous les jours à gros bouillon. Je m’en veux, j’aurais dû prendre mon scaphandre, ça tombe bien j’en ai deux ou trois à la maison, ça n’aurait pas juré.

Je m’accorde seulement cinq minutes de français par jour. Aujourd’hui, je suis tombé sur François, un jeune étudiant en stage à Vancouver. Il travaille dans une agence de voyages «West Trek», il vend des prestations pour aller se balader dans le coin. Il y a aussi d’autres stagiaires venus du Japon. Quand je suis entré dans le petit bureau, tout le monde s’est arrêté et m’a regardé. Silence… D’après tout ce que j’ai lu sur le sujet, j’ai l’impression que ces jeunes ont vu le messie ou le prophète… je n’avais pourtant pas d’auréole et j’étais trempé. Ils se sont tus, je me suis avancé vers François (qui se marrait). L’ange est passé et la vie des fidèles a repris… “Je ne suis pas celui que vous attendiez”, osais-je en anglais. Je suis sûr qu’ils n’ont rien compris !

Bref, j’ai acheté un Aller/retour pour Seattle dimanche, j’ai bataillé le prix, histoire de montrer à François qui est François, j’ai obtenu un rabais de 5 $ (sur 50 c’est correct) ; je lui paierai un coup au passage, mais il ne le sait pas encore ! Au moment de remplir ma fiche d’inscription, dans la catégorie “âge”, j’ai eu envie de mettre 33 ans… Finalement j’ai marqué 47 ans.

Il était surpris, il m’a dit que je ne les faisais pas ; ça m’a plus et tel un prophète, je l’ai cru !

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