Je ne m’attendais pas à ça…

26/03/2015 21:21

À l’heure où vous lirez ces lignes, je serai en train de vivre ma dernière journée à Vancouver ! Je passe actuellement mon test qui me délivrera (en principe) ma “graduation” qui se traduit par la cérémonie de remise de diplômes. Je serai même peut-être entre Vancouver et Toronto ou au-dessus de l’Atlantique.

Pour cette “der”, CSLI a fait les choses en grand puisque le théâtre de la ville de Vancouver a été réservé pour cette occasion. Les films seront projetés sur écran géant : la classe (à Dallas) ! Iva, si tu me lis, un petit coucou pour toi ! Eh oui, on se quitte trop tôt, car je n’ai même pas eu le temps de vous dire qu’Iva a découvert mon blog il y a trois semaines. Le week-end dernier, elle l’a consulté et elle m’a accueilli avec un grand sourire lundi dernier, car elle a bien ri ! J’étais étonné, ce n’est peut-être pas toujours facile de comprendre ce que je raconte si tu es anglo-saxon. Elle m’a avoué qu’elle avait capté 90% de ce que j’écrivais. Iva a vécu deux ans à Paris, elle a sans doute dû apprendre quelques expressions supplémentaires en dehors de «qu’est-ce qu’il se passe dans l’espace» qui reste sa favorite.

Comme par miracle la pluie s’est soudainement arrêtée aujourd’hui laissant place aux chauds rayons du soleil. On a frôlé les 18 degrés, c’est de loin la meilleure note que je peux attribuer au temps depuis mon arrivée le 1er février dernier.

Comme toute histoire a une fin, c’est à moi maintenant d’écrire la mienne. Pour tout dire : je ne m’attendais pas à ça ! Pour moi, je parlais de l’anglais comme on parle du temps, sans jamais l’avoir apprivoisé, sans le connaitre vraiment. Aussi je voulais le rencontrer, mais pas seulement en rêve. Il n’y a pas si longtemps, je croyais que les rêves étaient faits pour être rêvés et non réalisés. J’avais tort ! Si tu ne les poursuis pas, alors tu ne les atteindras jamais, si tu ne demandes pas ton chemin, invariablement, on te répondra non, si tu ne vas pas de l’avant, tu feras du surplace !

C’est ce qui m’a poussé à traverser l’océan pour rentrer en immersion dans la langue de Shakespeare. Ici, à Vancouver.

Je ne m’attendais pas à moi…

Revenir à l’école avec des gamins de vingt piges, je ne m’attendais pas à vivre, aussi bien cette expérience qui m’a fait progresser puis rajeunir de quelques années. Je voulais absolument résider avec des anglophones ; prendre l’air du temps. Ne plus parler français, ne plus penser français afin d’acquérir les meilleurs réflexes ; l’air de rien. Finalement, mon seul lien en dehors de la famille bien sûr, avec notre si belle langue, c’était vous au travers de ce blog qui restera lui-aussi ancré dans ma tête et même dans mon coeur à l’issue de cette tranche de vie. C’était comme une respiration ; ça m’a permis de vider mon trop-plein d’histoires, de petites aventures, de remarques, d’anecdotes, etc.

J’ai posé mille questions, j’ai parlé avec tout le monde, j’ai pas compris tout le temps, j’ai toujours essayé pourtant. J’ai adoré ces instants seuls où je voyais les vies se frôler, ces rencontres et ces parcours qui m’ont mené de Tokyo à Manaus en passant par Ryad, Séoul, Quito, Lima, ou Brive. Tous les jours, je prenais le large, sans connaitre le chemin, comme si j’étais un gamin.

J’ai croisé tant de personnages, vécu tant de bons moments, souvent simples, parfois drôles, toujours sincères ; grâce à Mohican, Alexandro, Micki, Hyun Ju, André, Scotti, Iva, Nack, Benita, Alexa, Abdulla, Jonathan, François, Carlos, Jered, Viviana, le Starbucks, le Cactus Café (mon resto préféré), CSLI et j’en oublie, j’ai progressé. Tous les jours, je comprenais davantage.

Attention, je ne dis pas que c’est parfait aujourd’hui, mais j’ai tellement galéré lors de mes quinze premiers jours, que finalement je suis heureux d’avoir surmonté ces instants, moi qui courais sans lanterne, me réfugiais dans des endroits que j’aime, histoire de ne pas m’exposer. J’ai laissé tomber mes “peut-être”, et j’ai trouvé à la place des mots dans ma tête ! Je crois qu’une fois de plus, le vieil adage qui dit que “quand on veut, on peut !” s’est vérifié. Attention, j’ai bien conscience que si je vous demande de gravir l’Everest en ballerines ou explorer le Titanic avec un tuba, malgré votre évidente bonne volonté, ce n’est pas gagné. J’ai rempli une mission qui n’était pas impossible, ce qui me réjouis.

Je ne m’attendais pas à ça !

Et la route fut belle, pour moi, mes souvenirs, mon expérience et bien sûr mon anglais ! Même si j’ai commis des erreurs que je ne voulais pas, même si je n’ai pas toujours bien fait comme je le souhaitais, je me suis régalé ! Certes, le moral n’a pas toujours était au beau fixe. Il y a eu des jours où l’euphorie laissait la place à la détresse. J'ai connu des hauts qui m'envoyaient en bas ; un peu comme si je côtoyais la gloire et la misère le même jour. Je mentirais si je disais que je n’ai pas vu le temps passer, mais je ne veux pas faire le coup des adieux. J’ai plus simplement envie de vous remercier, d’avoir pris soin de me lire, de vivre avec moi cette aventure, d’imaginer ce que je pouvais ressentir. J’espère l’espace de quelques lignes vous avoir replongés dans vos années de jeunes étudiants, insouciantes, indiférentes, parfois imprudentes, mais tellement vivantes !

Je peux vous dire que vous avez été très nombreux à être présent à mes rendez-vous (j’ai les stats, je vous vois ;) et vos témoignages vraiment abondants m’ont profondément touché. Aujourd’hui, je peux attester en paraphant des slogans bien connus comme : « I have a dream », « Think différent », « Just do it », « yes we can » qu’il n’y a pas d’âge pour entreprendre, faire, réaliser, concrétiser, réussir, vivre, s’accomplir, s’adapter, rebondir, donner, satisfaire, etc. Il y a tant d’autres verbes, tant d’autres routes, tant d’autres manières d’écrire la suite de sa propre vie que le simple fait de ne pas l’ignorer vous donne déjà une longueur d’avance.

Finalement, « Ze-long-road », n’était pas qu’une simple étape pour moi, ce sera sûrement même un raccourci pour de nouvelles aventures. Tiens j’ai déjà trouvé le nom de domaine de mon prochain blog : ze-shortcut.com

Vous voyez, même en m’amusant, j’ai appris un nouveau mot : raccourci = shortcut

Je ne m’attendais pas à ça…

Bisous à tous,

François

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