Le monde est si petit

09/02/2015 00:12

Hey Guys… dorénavant, je commencerai tous mes blogs par cette expression ! je l’entends partout, à chaque coin de rue, dans les coffees shop, à l’école, dans le bus. J’aime bien, ça met tout de suite à l’aise, on voit que l’on ne s’adresse pas à Barack Obama ou au prince William.

Samedi, jour de repos, je suis allé me balader en dehors du Downton pour la première fois. Je me suis dirigé dans un quartier à l’est de Vancouver, traversé par une artère immense nommée “Commercial Drive”… C’est un peu le quartier “bobo” avec pas mal de boutiques sympas, déco, fripes, brocantes, etc. Mais pourquoi diable, les Vancouverites ont-il trouvé le moyen d’appeler cette rue avec ce nom aussi peu dédié au romantisme ? Pourquoi pas, dans ce cas “Buy Way”, “Shopping Road” ou “Business Street” ? Allez savoir, en général, dès qu’il faut faire saliver le chaland, chez nous, on pense à faire rêver, ici on rêve à faire payer. C’est l’Amérique du Nord, pour nous c’est une faute de goût, pour eux c’est une question de coût.  Je vous fais crédit d’autres superlatifs !

“Commercial drive” donc, est une belle artère, ou il fait bon se balader. À deux, c’est mieux, et je n’étais pas tout seul ! Comment ? Je vous imagine d’ici froncer les sourcils, surtout du côté d’Ussac ? Eh ben, oui, je suis toujours avec la pluie ;) elle ne me lâche pas, jamais. Comble de malchance, cette rue n’a absolument aucun endroit, ni store, ni abribus, ni porte-cochère, ou autre recoin pour essayer de la semer. Rien, “nada” euh, pardon “nothing”. Pour moi, c’est le quartier le plus pluvieux de Vancouver. Qu’à cela ne tienne j’aurai ma revanche : trois blocs plus loin, me voici dans le plus vieux quartier de Vancouver !

Eh oui, on ne se refait pas, je n’abdique pas comme ça :) Ce n’est quand même pas la Mousson entremêlée d’un typhon qui va déstabiliser mon inspiration !

Donc me voilà dans Gastown, là aussi sympa avec de belles vitrines et des immeubles anciens, enfin si j’ose dire.  Il faut rappeler que Vancouver n’a que 130 ans au compteur. Le préfet Haussman avait déjà achevé son oeuvre à Paris quand Fraser accompagné de quelques pionniers chercheurs d’or dessina Gastown, ce qui deviendra par la suite Vancouver. Au fait, pour l’anecdote, j’habite (enfin Benita et sa famille) au 7138 Fraser Street, donc par déduction, quand je reviendrais apprendre le Français à Paris, j’irais loger Bouleverd Hausseman !

Dimanche, j’avais prévu d’aller faire du shopping à Seattle. Réveil à 6 h 30 le dimanche, c’est un truc de fou, la dernière que je l’ai fait, j’avais douze ans pour le tournoi de Coarraze-Nay ! Bref, j’avais opté pour la petite agence du jeune François, vous vous souvenez n’est-ce pas ? Et bien, je vais vous raconter un truc vraiment EXTRAORDINAIRE ! Jessica, fait les présentations, - ce sera notre hôtesse pour la journée - jeune étudiante, sympa, qui une fois n’est pas coutume, n’est pas “extravangaza” (extravagante, fantaisiste, c’est un nouveau mot que j’ai appris et j’aime bien), ce n’est pas Lady Gaga quoi. Elle présente le chauffeur qui nous lâche, devinez quoi ?... Un big “Hey guys” pardi ! mais, avec mon ouï fine j’ai cru détecter une “french touch” du “Guy” en question. Lady Gaga euh pardon, Jessica demande quelles sont les nationalités dans le bus. Comme d’hab, il y a des Japonais(e), des Coréens(e)s, un Taïwanais (assis devant moi) et encore de nombreux Brésiliens. Je commence à penser sérieusement qu’ils ont tous quitté le pays suite à la catastrophe contre les Allemands en demi-finale du Mondial ! C’est dingue. Même en étant allé au Maracana, je suis sûr que j'en ai vu plus à Vancouver… Non, je déconne, quoi que…

Bref, le chauffeur se nomme Bruno, à la pause il vient me voir, car j’étais le seul à avoir levé la main à la question “who’s french?” Très classiquement, il me demande d’où je viens ? je lui réponds et il me dit :

  • Tu es allé à Cabanis ?

Moi, stupéfait,

  • Pardon ? Tu connais Caba ?
  • Ben oui, je suis Limogeaud, j’ai fait mes études à Brive
  • Pas possible, dis-je estomaqué.
  • Et toi, renchérit-il ? Tu faisais quoi à Brive ?

Je reprends notre conversation, je lui dis que je suis Limoogeaud, que je m’appelle François Duboisset de la Bastide (c’est mon quartier à Limoges, ça sonne bien, n’est-ce pas ?).

À la question pourquoi es-tu allé à Brive ? Je lui réponds que j’ai joué au rugby là-bas. Son visage s’éclaire soudain, il me demande si j’ai un bon alibi pour ne pas être sur le terrain en janvier 1997 à Cardiff ?

Je passe aux aveux…

  • J’y étais, confiais-je, mais ça remonte à loin, ajoutais-je tout aussi vite tant ça me paraissait décalé.
  • Mais, moi aussi, j’y étais ! hurle-t-il devant les Japonais transis de peur

Et de reprendre,

  • je ne suis pas trop sport, mais c’est mon plus beau souvenir…

Jessica a suivi la conversation ; elle a sans doute compris que deux frères s’étaient retrouvés, alors qu’ils ne se connaissaient pas.

On a beaucoup échangé (il n’y a pas que l’anglais dans la vie), il m’a raconté son existence d’étudiant jusqu’à son job à Vancouver. Je vous en parlerais une autre fois, si vous le voulez bien. Mais, rendez-vous compte : de Limoges, à Brive, en passant par Cardiff, jusqu’à Vancouver, nos chemins se sont croisés et aujourd’hui, on s’est rencontrés. Désormais, j’ai l’étrange certitude que si je devais être enseveli sous les ruines de l’Atlantide ou si lui devait rejoindre la lune, alors on ne se manquerait pas.

Cette sensation est grande surtout quand le monde est si petit.

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